Mineurs et internet : L’Arcom présente ses priorités en matière de régulation des plateformes numériques, afin de faire d’internet un lieu plus sûr pour les enfants et les adolescents

Publié le 25 septembre 2025

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Martin Ajdari, président de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), a présenté ce jeudi 25 septembre 2025, à l’occasion d’une conférence de presse aux côtés de Laurence Pecaut-Rivolier et Benoît Loutrel, membres du collège de l’Autorité, respectivement en charge des groupes de travail « Protection des publics » et « Plateformes en ligne », les priorités de l’Autorité en matière de protection des mineurs en ligne, visant à s’assurer du respect par les grandes plateformes des règles en vigueur en France et en Europe.

Lors de cette conférence de presse organisée à l’INHA (Institut national d’histoire de l’art), le président de l’Arcom et les deux membres du collège ont présenté les résultats d’une étude inédite, intitulée « Mineurs en ligne : quels risques ? quelles protections ? ».

Réalisée par le régulateur, cette dernière a été menée durant près d’un an auprès de 2 000 enfants et adolescents âgés de 11 à 17 ans, ainsi que 2 000 parents, en combinant à la fois approches quantitative, qualitative et analyse sémiologique.

Quatre grands enseignements ont été mis au jour : 

  • Plus de quatre jeunes sur cinq âgés de 11 à 17 ans utilisent tous les jours au moins une grande plateforme en ligne.
  • 44 % des jeunes accèdent aux réseaux sociaux avant 13 ans.

Comme ils le révèlent eux-mêmes, ils n’hésitent pas à mentir sur leur âge pour se connecter, quand et si la question leur est posée par les plateformes.

  • L’exposition des mineurs à des risques, sur internet, est bien réelle, et elle est importante : 83% des jeunes de 11 à 17 ans sont en effet exposés régulièrement à au moins un risque, parmi les six identifiés dans cette étude.
    • NB : si l’hyperconnexion est le risque le plus fréquent, l’exposition à des contenus considérés comme « choquants » pour la santé mentale d’un mineur apparait comme le deuxième facteur de risque en ligne, avec 77% des 11-17 ans concernés (les quatre autres risques identifiés : défis dangereux, cyberharcèlement, échange avec des adultes mal intentionnés, arnaques).
  • Les conséquences sur le bien-être des jeunes de cette exposition fréquente aux risques sont parfois très graves, et durables. Certains en demeurent traumatisés longtemps après, malgré l’aide que cherchent à leur apporter les adultes qui les entourent.

Aussi, afin de protéger les mineurs, en particulier les plus jeunes, de ces risques auxquels cette étude confirme qu’ils sont massivement et régulièrement exposés, l’Arcom a présenté deux grandes priorités pour 2025 et 2026 :

Priorité 1 : le respect effectif de l’âge minimum d’accès aux plateformes (pour rappel : 13 ans).

Comme révélé dans cette étude, un grand nombre de jeunes contournent le seuil d’âge minimum pourtant imposé par les conditions générales d’utilisation (CGU) des plateformes. Attentive aux enjeux de santé publique, l’Autorité exigera des plateformes, en particulier de réseaux sociaux, l’application effective de cet âge minimum et une lutte plus efficace contre les stratégies de contournement, en améliorant notamment la détection des contrevenants et en les empêchant de récréer un compte.

Priorité 2 : le déploiement, par les grands acteurs du numérique, d’une offre adaptée au jeune public, différente des services proposés aux utilisateurs adultes.

Comme souligné dans l’étude : face aux risques auxquels ils sont conscients d’être confrontés sur internet, notamment en termes de santé mentale (hyperconnexion) ou de sécurité (interactions avec des adultes malintentionnés, défis dangereux…), les jeunes sont en demande de protection. Mais 45% d’entre eux jugent encore insuffisants les outils et moyens que les plateformes mettent à leur disposition à cet effet. Le régulateur vérifiera donc la nécessaire adaptation de fonctionnalités réputées encourager les comportements addictifs, comme le scrolling infini, ou exposant les enfants et les adolescents à des interactions malveillantes. Elle veillera également au paramétrage par défaut des comptes d’utilisateurs mineurs, afin d’éviter par exemple qu’ils ne puissent être exposés à des contenus inadaptés au regard de leur âge.

Face aux enjeux considérables que représente internet en termes de santé publique pour les enfants et les adolescents, l’Arcom mobilisera l’ensemble des moyens dont elle dispose pour s’assurer que les grandes plateformes respectent bien, dans les faits, les règles de protection des mineurs en vigueur en France et en Europe.

Parmi ces moyens, seront en particulier mis en œuvre : un cycle de concertation avec les plateformes numériques les plus plébiscitées par le jeune public ; des campagnes de « testing » s’appuyant sur les signaleurs de confiance ; la mise en place d’un panel de jeunes pour s’assurer de la pertinence des mesures mises en œuvre.

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