Coupe du monde de football 2026 : pourquoi davantage de coupures publicitaires pendant les matchs ?

Publié le 24 mars 2026

    Lors de la Coupe du monde de football 2026, diffusée en France notamment sur M6, les téléspectateurs constateront l’apparition de nouvelles coupures pendant les matchs. Ces interruptions correspondent aux "pauses d’hydratation" que la FIFA a décidé de mettre en place de manière systématique.

    Cette évolution de l’organisation du jeu soulève une question pour le public : ces nouvelles pauses peuvent-elles donner lieu à publicité lors de la retransmission des matchs et dans quelles conditions ?

    Un sujet d’alerte est notamment la possibilité que ces pauses puissent donner lieu à une augmentation de l’exposition du public aux publicités pour les jeux d’argent et de hasard, particulièrement présentes lors des retransmissions sportives.

    L’Arcom estime dès lors utile de rappeler le cadre réglementaire applicable et la manière dont il s’applique à cette situation nouvelle.

     

    Pourquoi de nouvelles coupures apparaissent-elles pendant les matchs ?

    La FIFA a annoncé qu’à l’occasion de la Coupe du monde 2026, des "pauses d’hydratation" de trois minutes seront systématiquement instaurées au milieu de chaque mi-temps, environ 22 minutes après le coup d’envoi.

    Le jeu sera donc interrompu deux fois par match, en plus de la mi-temps. Ces arrêts de jeu seront compensés par du temps additionnel en fin de période.

    Ces pauses constituent un fait nouveau dans l’organisation d’un match de football de cette ampleur.

     

    Ces pauses peuvent-elles accueillir de la publicité au cours de la retransmission ?

    Oui, sous conditions.

    En principe, la publicité doit être insérée entre les émissions. Toutefois, le décret du 27 mars 1992 autorise l’insertion de publicité au sein d’un programme lorsque :

    • cela ne porte pas atteinte à l’intégrité de l’émission ; 
    • cela correspond à une interruption naturelle du programme ; 
    • les droits des ayants droit sont respectés.

    Pour les émissions sportives comportant des intervalles, les messages publicitaires peuvent être diffusés pendant ces interruptions. Les mi-temps constituent classiquement de tels intervalles. Les pauses d’hydratation, pendant lesquelles le jeu est totalement arrêté, peuvent également être considérées comme tels.

    En tout état de cause, le diffuseur doit respecter les plafonds publicitaires autorisés (pour une chaîne privée TNT) :

    • 12 minutes par heure d’horloge ; 
    • 9 minutes en moyenne horaire quotidienne.

     

    Concrètement, combien d’écrans publicitaires autour d’un match ?

    Autour d’un match de la Coupe du monde 2026, la séquence-type sera la suivante :

    1. Un écran avant le début du match.
    2. Un écran après les hymnes nationaux.
    3. Un écran pendant la première pause d’hydratation.
    4. Trois écrans pendant la mi-temps.
    5. Un écran pendant la seconde pause d’hydratation.
    6. Un écran après la fin du match.

    Soit 8 écrans publicitaires, contre 5 lors de la précédente Coupe du monde.

     

    Y aura-t-il plus de publicité qu’auparavant ?

    Le nombre d’écrans augmente, mais le volume total de publicité autorisé n’augmente pas, car il reste plafonné par la réglementation.

    La multiplication des écrans correspond à un fractionnement différent de la publicité au sein du match, rendu possible par ces nouvelles interruptions de jeu.

     

    La question sensible : les publicités pour les jeux d’argent et de hasard

    Les retransmissions sportives sont un moment d’exposition important aux publicités pour les paris sportifs. En France, ces publicités ne sont pas interdites mais strictement encadrées, notamment par des chartes de bonne conduite élaborées avec l’Arcom. En effet, l’Arcom a mis en place, avec les acteurs du secteur, des chartes visant à :

    • limiter le volume et la concentration des messages ; 
    • protéger les mineurs ; 
    • promouvoir des messages de prévention.

    Ces chartes ont été actualisées en 2022.

    Elles prévoient notamment :

    • une publicité par opérateur et par écran ; 
    • trois messages maximum pour le secteur des jeux d’argent par écran, insérés parmi d’autres publicités ; 
    • un seul opérateur autorisé en parrainage par émission ; 
    • la diffusion de messages de prévention lors des grands événements sportifs.

     

    Le nombre de messages pour les jeux d’argent va-t-il augmenter ?

    Le diffuseur gratuit de la Coupe du monde de football 2026, M6, s’est engagé à ne pas diffuser de publicités pour les jeux d’argent pendant les pauses d’hydratation.

    En revanche, les rappels de parrainage autour de ces écrans pourront être diffusés.

    Par ailleurs, l’ajout d’un troisième écran publicitaire pendant la mi-temps peut mécaniquement conduire à une augmentation du nombre total de messages pour ce secteur, dans les limites prévues par la charte.

    À titre de comparaison :

    Coupe du monde 2022 Coupe du monde 2026 (maximum théorique)
    Jusqu'à 15 publicités pour le secteur Jusqu'à 18 publicités
    8 séquences de parrainage Jusqu'à 14 séquences de parrainage

     

    Quel est le rôle de l’Arcom face aux enjeux de santé publique liés aux paris sportifs ?

    La question de l’exposition aux publicités pour les paris sportifs constitue un enjeu de santé publique reconnu.

    Il appartient au législateur de fixer le cadre juridique applicable.

    Dans ce cadre, l’Arcom :

    • veille au respect des règles par les diffuseurs ; 
    • s’assure de la bonne application des engagements pris dans les chartes ; 
    • peut constater publiquement les manquements et rappeler les acteurs à leurs obligations.

    L’Arcom sera particulièrement attentive aux conditions de diffusion de ces messages pendant la Coupe du monde 2026.

    Pour toute information sur l’addiction aux jeux d’argent : https://anj.fr/joueurs/addiction