Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 1er décembre 2025 intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet d’une séquence de l’émission Tout beau tout n9uf, diffusée sur la chaîne W9 le 1er décembre 2025, au cours de laquelle un chroniqueur a évoqué la situation d’un homme en situation de handicap lourd, hospitalisé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et dont la dégradation de l’état de santé a conduit l’équipe médicale à prendre une décision de limitation thérapeutique.
Réunie en collège plénier le 15 avril 2026, l’Arcom en a délibéré.
En vertu des stipulations de l’article 2-3-8 de la convention de W9, « L’éditeur respecte la délibération de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique relative à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent. » Or, l’article 1er de la délibération du 18 avril 2018 relative à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent prévoit que l'éditeur « doit assurer l'honnêteté de l'information et des programmes qui y concourent […] Il fait preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information. ». Enfin, conformément à l’article 2-2-1 de la convention de W9 « L’éditeur est responsable du contenu des émissions qu’il diffuse. Il conserve en toutes circonstances la maîtrise de son antenne. »
L’Arcom a estimé que la présentation des faits par le chroniqueur, omettant l’existence des décisions rendues par les juridictions administratives et adoptant un ton particulièrement accusatoire à l’encontre de l’hôpital, conduisait à un traitement partiel et orienté de l’information ne permettant pas au public de disposer de l’ensemble des éléments de contexte nécessaires à la compréhension de l’affaire, ce qui méconnaît les exigences d’honnêteté et de rigueur de l’information précitées. L’Arcom a également relevé la particulière sensibilité du débat relatif à la limitation thérapeutique, qui appelait à être abordé avec d’autant plus de précaution et de rigueur.
Par ailleurs, l’Arcom a considéré que l’absence de mise en perspective ou contradiction face aux propos litigieux traduisait un défaut de maîtrise de l’antenne telle qu’elle résulte des stipulations précitées de l’article 2-2-1 de la convention W9.
En conséquence, l’Arcom a demandé à la chaîne de veiller, à l’avenir, au respect des obligations précitées.
En revanche, s’agissant du caractère éventuellement diffamatoire d’éléments de cette séquence, son appréciation ne relève pas de la compétence de l’Arcom mais de celle du juge judiciaire.