Protection des mineurs : Sept enfants, âgés de 10 à 14 ans, sur dix pensent que la majorité numérique à 15 ans est une bonne idée
Au lendemain du vote de la loi instaurant une majorité numérique à 15 ans, l’Arcom publie les résultats d’une consultation menée auprès de jeunes âgés de 10 à 14 ans sur l’usage des réseaux sociaux et des plateformes par les mineurs et leur appréciation de la majorité numérique.
L’Arcom avait déjà publié une étude approfondie à l’automne 2025 sur les pratiques des mineurs et les risques auxquels ils sont exposés en ligne.
Cette consultation, permise grâce à la mobilisation de l’observatoire jeune public mis en place par l’Arcom aux côtés du comité d’experts jeune public en mars dernier, révèle plusieurs enseignements :
Les usages des réseaux sociaux sont généralisés chez les
10-14 ans. 93% des 10-14 ans se rendent régulièrement sur des réseaux sociaux et plateformes en ligne, consultant en moyenne 2,8 réseaux sociaux par semaine. Ils sont 91% pour les 10/12 ans.- Les services les plus utilisés sont YouTube, Roblox, Snapchat et TikTok.
- Les risques liés aux réseaux sociaux sont bien identifiés par les moins de quinze ans. Ils sont 97% à reconnaitre leur exposition à des contenus dangereux, choquants ou inadaptés à leur âge et 78% à reconnaître souffrir d’une forme d’hyper connexion. Comme les adultes, les enfants ont également davantage confiance en leur propre capacité à résister à ces risques qu’en celle des autres.
- Dans ce contexte, la majorité numérique est perçue comme une mesure positive. 78% des enfants citent au moins un réseau social dont ils trouveraient préférable d’avoir à se passer et 70% considèrent que l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans est une bonne idée. Ils sont 90% à attendre des conséquences positives comme le temps passé hors des écrans mais 85% à percevoir aussi des conséquences négatives (ennui, frustration, voire exclusion). Si 70% d’entre eux se disent prêts à respecter la loi, ils estiment que leurs amis ne seront en moyenne que 30% à le faire.
Enfin, ils sont 45% à estimer qu’ils passeraient probablement plus de temps à échanger avec des IA si l’usage des réseaux sociaux leur était interdit.
La mise en œuvre de la loi, qui va installer une norme sociale majeure et concerne des millions d’utilisateurs, sera progressive. L’Arcom contribuera au contrôle de son effectivité en commençant par les ouvertures de comptes, à partir de sa mise en œuvre au 1er septembre.
Le régulateur agira conformément à la mission de coordinateur des services numériques que le loi SREN de 2024 lui a confiée. Cette mission, de même que la proposition de loi instaurant la majorité numérique, s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (RSN, DSA en anglais). Concrètement, l’Arcom recueillera les éléments nécessaires aux procédures visant les plateformes ne respectant pas la majorité numérique, en lien avec les autorités de régulation des pays européens où les principaux réseaux sociaux ont établi leur siège social et avec la Commission européenne, afin d’obtenir leur mise en conformité.
L’Arcom est pleinement engagée auprès de toutes les parties prenantes pour que les réseaux sociaux soient des espaces plus sûrs pour l’ensemble de leurs utilisateurs, y compris les plus de quinze ans. Elle se félicite à cet égard des sanctions adoptées au cours des derniers mois et dernières semaines à l’égard de X, Temu et tout récemment AliExpress, au terme de procédures auxquelles elle a été conduite à contribuer.
L’Arcom appelle également de ses vœux et continuera à soutenir une politique ambitieuse d'éducation aux médias, à l’information et à la citoyenneté numérique, afin de sensibiliser parents et enfants aux risques encourus en ligne et de favoriser l'acquisition des connaissances nécessaires à un usage éclairé, responsable et progressif des plateformes, une fois l’âge minimum atteint pour y accéder.
Communiqué de presse
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